Clap de fin
- TheWingedDeer

- 23 mai
- 3 min de lecture
Il y a des décisions qu’on ne prend pas à la légère. Celle-ci en fait partie.
Depuis le 14 juillet 2012, j’écris ici. J’ai partagé un peu de tout, souvent du rien, parfois beaucoup de moi. Des pensées spontanées, des colères, des moments de joie, des questionnements, des bouts de vie. Ce blog a été un refuge, un exutoire, un espace où je pouvais être libre, maladroite, sincère, en construction.
Parce que oui, j’étais en construction.
J’ai commencé à écrire ici en étant encore dans cette période floue entre adolescence et vie adulte. Avec mes doutes, mes excès, mes blessures aussi. Il y a eu des moments très sombres, notamment liés à la dépression. Des périodes où écrire était la seule façon de tenir debout. Et puis il y a eu l’évolution. Le temps, les expériences, les erreurs, les prises de conscience. Grandir, tout simplement.
Ce blog a grandi avec moi. Et moi, j’ai changé.
Aujourd’hui, ma vie n’est plus la même. Les priorités ne sont plus les mêmes. Je ne l’avais jamais vraiment formulé ici, mais je suis désormais belle-mère de deux jeunes enfants. Cela change tout. Le regard que l’on porte sur le monde, sur soi-même, sur ce que l’on choisit de montrer ou de garder pour soi. On devient plus responsable, plus prudente aussi. Moins dans l’impulsivité, plus dans la réflexion.
Et contrairement à ce que certains pourraient penser, je ne disparais pas pour autant. Je continue de partager, mais autrement. En dehors du blog, de manière plus spontanée, plus libre, sans objectif précis, sans attente particulière. Juste l’envie de partager quand j’en ressens le besoin, sans cadre, sans pression.
Et puis, il y a eu l’envers du décor.
Parce que tenir un blog, ce n’est pas seulement écrire. C’est aussi s’exposer. Et parfois, subir.
Je ne vais pas faire semblant : il y a eu des critiques. Certaines constructives, d’autres gratuites. Certaines venant de parfaits inconnus, d’autres de personnes qui, elles, me connaissent dans la vraie vie. Ou qui connaissent mon conjoint. Des personnes qui se permettent de juger, d’interpréter, d’inventer même.
Avec le temps, j’ai appris à prendre du recul. Mais il y a une différence entre accepter la critique et devoir constamment se justifier face à des idées complètement infondées.
Ce qui est difficile, ce n’est pas tant ce que disent les inconnus. C’est cette impression que certains projettent leurs propres frustrations, leurs jalousies, ou leurs fantasmes sur une version de moi qui n’existe pas. Une image publique qu’ils pensent connaître, alors qu’elle n’est qu’un fragment, une vitrine, jamais la réalité complète.
On m’a prêté des intentions que je n’ai jamais eues. On a cherché la moindre incohérence, la moindre faille. Comme s’il fallait absolument trouver quelque chose à redire. Comme si exister, s’exprimer, évoluer, dérangeait.
Et aujourd’hui, je n’ai plus envie de ça.
Je n’ai plus envie de devoir me justifier. De filtrer mes mots en pensant à qui pourrait les détourner. De me demander comment cela sera interprété. Je n’ai plus envie que cet espace, qui m’a tant apporté, devienne une source de tension ou de fatigue.
Ce blog a été une étape importante de ma vie. Il m’a permis de m’exprimer, de me comprendre, de grandir. Il a été un témoin fidèle de mon évolution, avec ses hauts et ses bas.
Mais aujourd’hui, je suis ailleurs.
Je ne renie rien de ce qui a été écrit ici. Même les maladresses. Même les moments difficiles. Tout cela fait partie de mon histoire. Mais je ressens le besoin de tourner la page. D’avancer autrement. Plus discrètement, plus sereinement.
Ce n’est pas une fuite. C’est un choix.
Le choix de préserver ce qui compte vraiment. Le choix de me recentrer sur ma vie, sur ma famille, sur mon équilibre. Le choix de ne plus donner prise à ceux qui cherchent à déformer ce que je suis.
Alors voilà.
Après toutes ces années, il est temps pour moi de dire au revoir à ce blog.
Merci à ceux qui ont lu, soutenu, compris. Merci à ceux qui sont passés en silence. Merci même à ceux qui ont critiqué, parce que d’une certaine manière, cela m’a aussi appris.
Je ferme ce chapitre avec lucidité, sans regret, mais avec une certaine émotion.
Et surtout, avec la sensation d’être exactement là où je dois être.
Alice (TheWingedDeer)



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